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Sartre, Violence et éthique

9 août 2011

"Être ou s’historialiser ?" Rappelée par Sartre dans les Cahiers pour une morale (1947-1948), cette alternative n’en était plus une pour les intellectuels européens après 1938. Ils durent traduire leur projet littéraire en motifs d’action. Sartre le fit en intégrant ses premiers travaux sur l’imaginaire à une phénoménologie de l’histoire.
Les auteurs des deux volumes, Du mythe à l’histoire et Violence et éthique, retracent l’essentiel des recherches de Sartre entre les accords de Munich (1938) et la révolte de Budapest (1956).
Ce second volume reproduit les peintures créées par Maurice Matieu auprès de Sartre (le premier comprend un entretien inédit avec Sartre sur la philosophie et son enseignement).

Ces deux livres ont été réédités en 2006 chez Parangon, dans la collection Sens Public dirigée par Gérard Wormser.



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La question des critères de jugement fondant l’appréciation des conduites et des situations est devenue absolument centrale dans notre configuration philosophique.

C’est pourquoi la pensée de Jean-Paul Sartre connaît aujourd’hui un regain d’actualité. À travers ses réflexions, nous renouons les fils d’une généalogie de la morale et de notre histoire. Qu’il s’agisse d’évaluer les enjeux des situations ou des pratiques, liées tant à la science qu’à l’économie ou au droit, ce que Sartre nommait "situations" est devenu si central qu’on n’imagine plus aujourd’hui qu’il a fallu créer ce concept pour associer les états de la réalité aux intentions de transformation qui sont nôtres. Les textes que nous publions mettent à jour la complexité des approches d’une pensée de l’histoire en situation, pour laquelle Sartre a inventé le néologisme "s’historialiser". Il s’agit par ce terme de désigner l’appréhension, orientée par les "possibles" de chacun, des contraintes pesant sur nos actions. Ce sont elles qui rendent compte des erreurs d’appréciation, des déviations que subissent nos intentions à mesure que les moyens disponibles déterminent la révision des significations de nos fins.

C’est au point parfois que nous ne nous reconnaissons plus dans nos actes, ou que ceux-ci viennent éclairer nos orientations d’un jour que nous n’avions pas pu ni voulu voir. La posture singulière de Jean-Paul Sartre consiste donc à ne jamais séparer les prises de position politiques des orientations subjectives à partir desquelles peuvent apparaître des significations historiques.

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